• Championnats d'Europe

    LA TURQUIE EN POINTE GRÂCE À SA LÉGION ÉTRANGÈRE

    En tête au bilan des médailles après les trois premiers jours des championnats d’Europe, la Turquie gagne essentiellement grâce à des athlètes naturalisés.Vu 1131 fois

     
    Polat Kemboi Arikan a été titré sur 10000m. Photo AFP

    Polat Kemboi Arikan a été titré sur 10000m. Photo AFP

    Ce sont les grands gagnants des trois premières journées des championnats d’Europe. Les Néerlandais, vainqueurs du 100m chez les hommes (Churandy Martina) et les femmes (Dafne Schippers) ? Non, les Turcs, qui, après trois journées de compétition, pointaient en tête du tableau des médailles avec neuf breloques. Du jamais vu en 23 éditions pour un pays dont le record à l’Euro s’élève à 5 podiums en 2012 à Helsinki.

    "Leur ambition est de terminer en tête au tableau des médailles, rapporte le président de Fédération Française d’Athlétisme Bernard Amsalem. On ne leur a pas dit, mais nous sommes nombreux à penser : OK, mais pas à n’importe quel prix."

    9 médailles dont 8 acquises par des Turcs naturalisés

    Sur les neuf médaillés, huit ne sont pas nés sur le territoire turc. Ils sont majoritairement Kenyans d’origine : Polat Kemboi Arikan (1er du 10000m hommes), Ali Kaya (2e du 10000m hommes), Aras Kaya (2e du 3000m steeple hommes) et Yasmine Can (1re du 10000m femmes). Mais il y a également un Jamaïcain de naissance (Jak Ali Harvey, 2e du 100m), un ex-Cubain (Yasmani Copello Escobar, 1er du 400m haies) et un ex-Azeri (Ramil Guliyev, 2e du 200m).

    La méthode n’a rien d’illégal. Réglementairement, un athlète transféré doit observer une période de trois ans sans participer à un grand championnat. Or, cette disposition ne s’applique qu’aux athlètes ayant déjà porté le maillot de leur pays d’origine. De quoi attirer l’attention sur des athlètes de niveau moyen dans de grandes nations d’athlétisme comme le Kenya et la Jamaïque.

    Une situation que le président de FFA souhaite changer : "Dans le cadre de la prochaine révision des statuts de l’IAAF (fédération internationale d’athlétisme), nous sommes en train de travailler sur ce point. Nous sommes plusieurs membres du conseil à penser qu’il faut être plus strict avec les procédures de naturalisation."

    Benjamin Steen.  estrepublicain.fr