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    Dopage : le Kenya montré du doigt après le contrôle positif de sa marathonienne vedette

     

    Un mois à peine après avoir fêté le record du monde du marathon, pulvérisé par un ex-fermier masaï de la vallée du Rift, l’athlétisme kényan, aux performances louches ces derniers temps, est soupçonné de dopage avec le contrôle positif de sa marathonienne vedette. 

            
Rita Jeptoo, ici lors de sa victoire au marathon de Boston en avril, a été contrôlée positive à l’EPO. PHOTO ARCHIVES AFP
AFP

    Le 28 septembre, pendant que Dennis Kimetto était le premier homme à passer sous les 2 heures 3 minutes sur le 42,195 km, Rita Jeptoo, la meilleure marathonienne kenyane, était contrôlée positive, dans le cadre de l’entraînement. Le coup de tonnerre. La Fédération kényane d’athlétisme annonce que l’échantillon A prélevé sur la marathonienne de 33 ans est positif à l’EPO, un produit qui améliore l’endurance et permet de récupérer plus rapidement dans les périodes d’entraînement intensif.

    Jeptoo nie aussitôt « avoir pris tout produit dopant ». Tant que l’échantillon B ne sera pas analysé, la meilleure marathonienne actuelle, trois fois victorieuse à Boston et deux fois à Chicago, ne pourra être considérée officiellement comme dopée. Mais les critiques n’attendent pas l’analyse définitive du laboratoire pour viser une nouvelle fois les dirigeants de l’athlétisme kényan, accusés d’avoir trop longtemps fermé les yeux.

    « La crédibilité du Kenya en jeu »

    « Si le Kenya veut retrouver la confiance, ou au moins atténuer la perte de confiance inévitable qui découle de ce test visant Jeptoo, alors il doit immédiatement et sans délai s’ouvrir à un contrôle international indépendant », a plaidé samedi Ross Tucker, un scientifique sud-africain spécialisé dans le sport. Entre janvier 2012 et juin 2013, près d’une vingtaine d’athlètes kényans avaient déjà été contrôlés positifs. Mais aucun n’avait le calibre de Jeptoo.

    La dernière victoire de Rita Jeptoo, en octobre, à Chicago, a eu lieu quelques semaines après son contrôle positif. Il est donc devenu urgent d’attendre avant de remettre à la Kényane de 33 ans son prix de marathonienne de l’année, d’un montant de 500 000 dollars (399 202 euros). « La crédiblité du Kenya est en jeu », a reconnu samedi Barnaba Korir, président de la section de Nairobi de la Fédération kényane d’athlétisme et ancien manager de Jeptoo.

    Ces accusations ne sont pas nouvelles concernant le Kenya, où le rugby à VII, en pleine expansion, a également été visé avec des stéroïdes retrouvés dans les compléments alimentaires utilisés par les joueurs.