• Le marathon de Mamath

             Voici un petit CR du Marathon de Paris 2014, certes en retard, mais bon, mieux vaut tard que jamais. Peut-être arriverais-je à reconvertir quelques athées de la course (quoique pas sûre).

    Exceptionnellement, je commence par la fin... je suis tout simplement heureuse d'avoir fini mon deuxième MDP et ce dans de si bonnes conditions mais ça c'était après... un petit retour en arrière s'impose !

    Le marathon de Mamth

    Dimanche 6 avril, 7h45, nous nous retrouvons avec notre club afin d'immortaliser sur papier ces derniers instants de fraîcheur et faire quelques prières collectives . Puis nous nous dirigeons calmement vers nos sas de départ respectifs. Marc m'accompagne dans celui des 3h45, objectif que nous nous étions fixés après trois bons mois d'entrainement. Comme d'habitude, c'est la folie, ça grouille de partout telle une fourmilière multicolore sur les champs. Une chaleur humaine mélée de stress et d'excitation nous réchauffe. Le soleil est même présent pour l'occasion, c'est parfait ! Un drapeau violet se rapproche vers nous à allure grand V, c'est Marie, notre super coach et notre super meneuse d'allure qui a pour objectif de nous emmener dans le droit chemin. Elle nous prodigue 2/3 derniers conseils avant de rejoindre le peloton de tête des 3h45.

    Le marathon de Mamth9h11, c'est le top départ; le chrono est enclenché et nous voilà partis plein de bonne volonté. Nous partons avec Marc sur des bases de 5,20 mn au km. Je suis légèrement happée par la foule en furie au taquet pour avaler les 42,195 km et commence à tourner à 5,10 pour rattraper notre chère meneuse d'allure qui nous a largement distancé dès le départ... premier moment de solitude et ce au premier kilomètre, hum pas top ! Marc me retient stratégiquement pour rester sur notre rythme initial, je lui dois probablement mon "non explosion en vol", merci !! RAS jusqu'au semi où nous passons le portique réglés comme du papier à musique... 1h52 tout pile ! On se regarde avec Marc, tout sourire, nous sommes bien !

    On déroule... je regarde par dessus l'épaule avec un brin d'inquiétude la couleurs des dossards qui nous suivent, ouf... toujours violet avec quelques petits hommes bleus égarés (dans ce sens, ça redonne la pêche). Après avoir passé Vincennes et croisé mes collègues de boulot en mode supporter au 18ème km, nous attaquons le retour sur les quais avec passages de multiples tunnels, je dirais la partie de la course la plus délicate pour moi... les ravitaillements ne se calent pas comme prévu et mon plan de "je prends un gel 1km avant et me rince la bouche au ravito suivant" tombe à l'eau alors là improvisation et adaptation sont de rigueur !

    Le premier tunnel me semble interminable, suffocant, la chaleur se fait maintenant ressentir... à la sortie, je suis un peu chancelante, coup de barre avant le 30ème ça fait toujours un peu peur. Je me colle 2 baffes, un verre d'eau et ça repart ! Sur le bas côté, certains coureurs commencent à faiblir mais bizarrement (et horriblement) ça me redonne une certaine force. Nous arrivons au 30ème km avec seulement 44 petites secondes de retard sur notre temps. Les 5 kms suivants seront nos plus lents avec environ 10,61 km/h contre 11,11 de moyenne mais c'est plus d'ordre psychologique que physiologique à ce niveau là .

    Au 35eme, ce p****n de faux-plat devant l'Hippodrome d'Auteuil; pour beaucoup c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... certains coureurs marchent en jurant, d'autres en pleurant; de cause à effet. Marc commence lui aussi à avoir les jambes lourdes après le fameux mur, je me retourne, l'interpelle mais en vain... je me résous à l'abandonner à son propre sort, c'est un warrior, je ne m'inquiète pas (il terminera en 4h04mn). Je continue un peu à contre cœur mais avec l'envie de me battre pour passer sous la barre des 4 heures. 

    Au 38/39ème km, Emmanuelle, seconde meneuse d'allure pour 3h45 me double et mon espoir renaît ! Dès le départ, je m'étais faite à l'idée que je ne croiserai plus un seul meneur d'allure arborant la flamme violette. Je lui emboîte le pas comme je peux et je m'accroche. Elle me devance et là c'est une évidence je ne passerai pas la ligne d'arrivée en 3h45 mais qu'importe je m'en fout un peu. En effet, elle arrivera 4 mn avant...

    En attendant, nous courons nos derniers km sur cette fameuse allée de longchamp que je commence maintenant à ne plus voir en photo, ce long axe qui est plus synonyme d'axe de martyre qu'autre chose; les "morts" s'entassent, les camions de la Croix Rouge aussi; je me dis c'est tellement bête si proche du but...

    Au km 40, j'envoie un sms stratégiquement pré-enregistré la veille pour prévenir mon grand-père de mon arrivée (qui m'attendait depuis l'arrivée de Kenenisa Bekele... papy je dois t'expliquer 2/3 petites choses..  )Le marathon de Mamth

    Km 41, je me dis que je n'ai jamais connu aussi long kilomètre. J'entends alors la voix du speaker, des bénévoles nous crient que l'arrivée est dans 300m. Alors je prends l'énergie qu'il me reste et tente une accélération progressive jusqu'à l'arrivée. C'est plaisant d'en garder sous la semelle pour la fin !

    Personnellement, finir sur un sprint est synonyme de réussite et surtout synonyme d'une course potentiellement bien gérée. Je regarde d'abord le chrono du temps officiel puis mon temps réel sur ma montre : 3h48mn35s, record battu de 20 minutes !! Je lève les bras en l'air, ferme les yeux, l'émotion est palpable comme chez beaucoup d'autres. Je marche ensuite machinalement en savourant ma course bien effectuée, une deuxième victoire sur la distance. Tout simplement heureuse ! Merci à tous !!!!

    Le marathon de Mamth