• Ma carrière n'est pas finie

    BOB TAHRI : « MA CARRIÈRE N’EST PAS FINIE »

    Bouabdellah Tahri va tenter de se qualifier pour les JO de Rio sur 3000 m steeple

    08/07/2016 à 05:09, actualisé à 17:08Vu 681 fois 
                                   Bouabdellah Tahri devra courir en moins de 8’22 pour aller à Rio.  Photo Pierre MATHIS

                        Bouabdellah Tahri devra courir en moins de 8’22 pour aller à Rio. Photo Pierre MATHIS

     

    Vittel. Depuis son titre de champion de France sur marathon à Metz en octobre 2014, l’ancien recordman d’Europe du 3.000 m steeple s’est fait très discret. Après une année 2015 minée par une tendinite au tendon d’Achille, le Messin a retrouvé des sensations en 2016. Exilé au Kenya pendant douze semaines pour se préparer, le médaillé de bronze de Berlin, qui s’entraîne désormais seul, est revenu depuis peu en Lorraine. Avec pour objectif de réaliser les minima sur 3.000 m steeple en Belgique samedi.

    Tout d’abord Bouabdellah Tahri, comment allez-vous ?

    Ça va, ça se passe bien depuis quelques mois. Je suis bien ici à Vittel, je suis dans de bonnes dispositions pour m’entraîner et bien récupérer.

    Justement, il vous reste trois jours pour réaliser les minima pour Rio (8’22) et seulement une course.

    Oui, je vais courir ce samedi en Belgique sur 3.000 m steeple. J’ai fait une séance difficile hier (mercredi), je n’ai pas encore confirmé ma présence, j’attends de voir comment je vais récupérer de la séance. Si les voyants sont au vert, je m’alignerai.

    Presque deux ans sans compétition et cinq ans sans steeple, est-ce un problème ?

    Ça, c’est anecdotique, à mon niveau, l’entraînement est presque aussi dur que la compétition. Le steeple, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Si je m’aligne, c’est que je suis apte à aller à la bagarre.

    À combien estimez-vous vos chances de réaliser les minima ?

    Si je vais en Belgique, c’est que je me sens capable de les faire. J’ai un record à 8’01, dans l’absolu 8’22 ça ne devrait pas poser de problème. Après je reviens de loin, mais je ne vais pas aller à l’abattoir si je ne me sens pas capable de les faire. Physiquement, ce que je fais en ce moment me donne des certitudes. Mais si je ne vais pas aux Jeux, il reste encore des meetings derrière et il faudra rebondir. Ma carrière n’est pas finie.

    « Je suis toujours revenu plus fort »

    Pourquoi avoir choisi le steeple alors que vous aviez privilégié le 1.500 et 5.000 m avant votre blessure ?

    Il faut être réaliste, c’est la distance où c’est le plus jouable de rentrer en finale et de jouer une médaille.

    Vous avez dit vouloir revenir pour être le numéro 1, donc pour être champion olympique ?

    En championnat, c’est une lutte d’homme à homme et aujourd’hui sur 3000 m steeple, le niveau mondial n’a pas progressé. Si je m’estime capable de revenir, c’est que je sens pouvoir revenir vite en 8’05.

    Après une année 2015 compliquée, avez-vous pensé à arrêter ?

    Jamais. Mon égo m’a toujours dit de continuer. Je veux arrêter en étant au top, pas dans l’anonymat d’une blessure. Je suis toujours revenu plus fort.

    L’après carrière, ça vous fait peur ?

    Non, je sais que le haut niveau est éphémère et que ça va s’arrêter un jour. Je peux encore aller aux Jeux à 41 ans (dans 4 ans à Tokyo). Mais d’abord, à court terme, l’objectif est de redevenir performant.

    Vous avez des projets après l’athlé ?

    Oui, je suis en train de monter un centre sportif au Kenya avec le conseil départemental, mais c’est aussi un projet humanitaire et social qui est intéressant.

    Recueilli par Paolo PHILIPPE