• On refait le marathon

    Décriptage ...

    On refait la course

    Le match tant attendu a bien eu lieu, "Je suis satisfait de la médaille de bronze, j'ai tout donné », a déclaré le Rémois. « J'ai cru à la médaille d'or. Je ne suis pas passé loin de la victoire, mais je me suis crispé dans les 100 derniers mètres."  La bagarre a bien eu lieu, les combattants ne se sont pas fait de cadeau, les hommes forts n’ont pas démérité, le spectacle était au rdv.

    On s’attendait à une course tactique, à une stratégie kényane en voyant Conselius Kipruto prendre seul la tête de course durant les 400 premiers mètres rapidement. On se dit que Mahiedine va devoir éviter le piège que semblent tracer les Kényans. Mais voilà, le premier kilo est relativement lent, sauf pour les hommes « moins bien » ce jour là qui ne peuvent  pas suivre le rythme.  Même Nordine Smail semble un moment prendre la tête de course avant sa chute dans la rivière.  On refait la course

    On refait la course

    Rien ne semble se dessiner à mi- course. L’américain Jager (en rouge sur la photo) fait bonne impression : ce garçon a un record assez impressionnant puisqu’il avoisine les 8’06,  le plaçant parmi les tous meilleurs « steepleurs » internationaux.

    C’est presque incompréhensible puisque Consielus continue à imposer un rythme « lent » et ne semble pas vouloir de relais à mi-course, le scénario de Londres semble se reproduire.

    Nos Français semblent tenir le choc avec seulement quelques mètres de retard sur la tête de course : Yoann Kowal est dans le coup, loin de subir cette compétition, lui qui est venu tard sur le steeple puisqu’il a débuté sa carrière internationale sur le 1500m. Ce qui, ma foi, est de très bon augure pour monter sur du plus long, le steeple en l’occurrence.

    Il semble faire sa course, tenir ses objectifs même. Peu à peu le rythme s’accélère ce qui le met en queue du groupe mais en bonne position pour accrocher une place de finaliste.

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    Quand Nordine Smail chute à la barrière, il a un petit regard comme pour s’assurer que c’est son pote qui est par terre ou dans l’eau. Plus tard, on a appris que c’est à la réception dans la fosse du steeple  qu’il s’est foulé  la cheville avec rupture complet du tendon d’Achille. Pourtant, il ne se désunit pas  et reste dans sa course pour aborder le dernier kilo.

    Les choses semblent progressivement se dessiner comme aux JO. Mais Mahiedine place une accélération aux 250m, il se cale juste en 2ème position, coincé entre Koach et le jeune prodige et du même coup retarde l’attaque de Kemboi. Le public sent que Maheidine veut vendre cher sa peau et qu’ il ne va pas de nouveau se faire avoir comme à Londres sur la dernière ligne droite.                                                             

    On refait la course

    Je pense à ce moment, que mon cœur va s’arrêter... I

    Il ne se désunit pas,  au contraire, fait jeu égal au passage de la dernière barrière, mais Kemboi vient de placer une violente attaque et se propulse à 3 mètres devant la « meute».

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    A ce moment  là, tous les spectateurs et le stadium Lonjiki de Moscou ont le souffle haletant par cette arrivée de folie.    Maheidine est en deuxième position, la dernière ligne droite est violente, à bout de souffle ne pouvant effectuer aucune accélération supplémentaire, quand Consilius Kipruto peut, lui,maintenir l’accélération sans se relâcher pour finir à la deuxième place derrière Ezhkiel Kemboi.

    Cette deuxième place de Kipruto est due simplement à une mauvaise technique de franchissement du Kenyan de la  dernière barrière qui lui fait perdre  du temps et surtout  de la force pour relancer le sprint, malgré un bon passage de la rivière, le seul bon franchissement qu’il réalisa durant toute la course.   

     Maheidine cependant, à mon avis, a fait  la course qu’il fallait, il réalise  une excellente 3èmeplace, il est lucide quand il dit : « sur d’autres disciplines, cette médaille vaudrait de l’or », Oh que c’est vrai, oh que c’est réaliste tellement une marche du podium paraissait difficilement accessible tant la puissance kényane semblait intouchable…

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    Quant à Kiepsiel Koeach, avec un 7’54 sur la distance, il semblait hors concours, malgré une très bonne gestion de course, toujours bien placé, il n’est pas arrivé à rester au contact dans les 150 derniers mètres, et heureusement pour nous, pour la France, et pour Mahéidine il n’était pas dans un très bon jour….

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    Pour moi, c’est la plus belle course de demi-fond ce championnat, même si je n’avais pas misé sur Kemboi, je ne le voyais pas gagner aussi facilement !

         A mon dernier post, j’avais plutôt misé sur le jeuneConsielus Kipruto : Il a été à la hauteur, mais Ezéchiel était vraiment à son top niveau et  il possède l’expérience que n’a pas son jeune compatriote. En tout cas, lui, c’est la relève …

    La France doit hisser ce garçon  (Maheidine)  au rang qu’il mérite. Puisque nous n’avons pas  encore son remplaçant…

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    José Azede