• semi-marathon poitiers-futuroscope

    Les deux premiers ont franchi la ligne d'arrivée dans le même chrono. - Les deux premiers ont franchi la ligne d'arrivée dans le même chrono. - (Photo cor., Mickaël Pichon)Les deux premiers ont franchi la ligne d'arrivée dans le même chrono. - (Photo cor., Mickaël Pichon)

    Ils ont pris les trois premières places dans des chronos record. Les coureurs kényans ont dominé une course dont le parcours a séduit le peloton.

     

    Un, deux, trois… Kényans ! Ils étaient, comme d'habitude, au-dessus du lot. Le quatrième est de nationalité française mais se définit lui-même comme « Français, Rwandais et Noir. » Jean-Damascène Habarurema a terminé au pied du podium et a bouclé le semi sous les 1 h 06' (1 h 05'55), comme les trois autres. Survivant du génocide rwandais, ancien séminariste, thésard en philosophie, cet homme de 39 ans parle sept langues dont celle des signes. Hier, il a justement envoyé un signe, celui de l'espoir. La course à pied l'a sauvé au point d'y consacrer aujourd'hui autant de temps, au quotidien, qu'à lire la Bible ou Saint Augustin.

    Casse-pattes

    Jean-Damascène Habarurema n'était pas déçu même si une place sur « la boîte » lui aurait permis de récupérer quelques euros supplémentaires, et sans aucun doute bienvenus. Mais devant Jean, il y avait d'autres phénomènes de la course à pied. Les deux premiers, Emmanuel Nakiridi Elim et Ladan Kaniu Wanjiku sont arrivés au sprint et enrobés dans le même chrono (1 h 05'02). Pour un peu ils passaient sous la barre de 1 h 05'. A une portée de pierre, un troisième Kényan, Ducan Kipkurgat. Le vainqueur de l'an passé améliore sa marque (1 h 05'43 contre 1 h 06'13) avec tout de même une moyenne supérieure à 19 km/h. Il fallait donc être costaud hier pour entrer dans le top 10. Ce que réalisa Geoffroy Boucard (CA Pictave) en se calant entre deux Éthiopiens pour terminer huitième. « Je suis le premier régional ? C'est super. Malheureusement, j'ai eu des soucis au dixième kilomètre où je suis passé en 33'20, à 18 km de moyenne. J'étais bien et j'ai senti une douleur sous la voûte plantaire. Du coup, je n'ai pas pu accélérer et je n'ai pas atteint l'objectif que je m'étais fixé de 1 h 10'. Ce n'est pas très grave, il faut savoir lâcher prise. »
    Dix minutes plus tard, une autre locale, exilée celle-ci à l'Endurance 72, Malika Coutant, coupait la ligne en 1 h 22'07. « Je voulais juste me faire plaisir. Aujourd'hui, je n'avais aucun objectif de chrono, je prépare les France du 10 km dans moins d'un mois. J'avais simplement comme envie d'emmener des coureurs, comme Nicolas Dupin(Valdivienne, 22e en 2 h 49'51) sur son premier marathon, puis ensuite Aziz El Hamzaoui (PEC) sur ce semi qui est vraiment un beau parcours. »
    Ce que reconnaissait l'ensemble des concurrents qui est finalement passé entre les gouttes. Un parcours agréable, roulant mais qui présente aussi « des bosses casse-pattes ». Rome ne s'est pas faite en un jour.