• Thari court toujours

    A trente-huit jours des Jeux Olympiques, le Messin Bouabdellah Tahri s’entraîne plus que jamais pour aller à Rio. Il lui reste trois meetings avant la date butoir du 10 juillet pour se qualifier sur 3000 m steeple ou 5000 m.

    Thari court toujours

    Bouabdellah Tahri a jusqu’au 10 juillet minuit pour se qualifier pour les Jeux Olympiques. Le Messin, qui n’a pas porté de dossard depuis le marathon de Metz en 2014, croit – plus que jamais – en ses chances de qualifications pour Rio. « On me reproche d’être trop discret, de ne pas communiquer sur ce que je fais, de ne pas dire où je suis. Excusez-moi de travailler et de ne pas passer mon temps à exposer ma vie sur Facebook. Je suis un gros bosseur et je préfère m’entraîner dans l’ombre que dans la lumière. Dire fait rire et faire fait taire », a-t-il affirmé, déterminé, hier, sur le plateau improvisé de Mirabelle TV dans les locaux du Conseil départemental de la Moselle, un des partenaires de l’athlète.

    Il est meurtri, très agacé par les on-dit. Pourtant, depuis plusieurs mois, il ne souhaite plus répondre à la presse régionale. « J’entends que je ne cours plus, que je suis fini. Ça me rend fou. Rassurez-vous, je cours. Je m’entraîne seize fois par semaine. J’enchaîne jusqu’à 250 km hebdomadaires. Je rentre d’un stage à Vittel et le reste du temps, j’étais au Kenya. »

    Sur 3000 m steeple ou 5000 m ?

    S’il ne déambule plus dans les rues de Metz, s’il ne court plus au canal, s’il ne tient plus sa boutique avenue de Nancy, c’est parce que Bob Tahri se projette désormais au Kenya. S’il parvient à terminer sa carrière sur une performance olympique, Bob Tahri ne s’arrêtera pas de courir mais il se voit déjà poser ses valises à Iten, un petit village kényan, où il a décidé – avec le CG57 – d’offrir une école à des enfants sourds et muets. « J’ai un projet sportif mais aussi social en partenariat avec la Maison de l’enfance de Woippy. Si je passe trois semaines par mois au Kenya depuis le mois de janvier, c’est pour être prêt pour Rio mais aussi pour me rendre utile. Vous savez, je ne veux pas devenir important, je veux être performant. Le but, ce n’est pas la quête mais le chemin et j’espère avoir pris la bonne route. »

    A trente-sept ans, Bouabdellah Tahri a une nouvelle fois envie de faire parler de lui. Sur 3000 m steeple ou 5000 m ? Il ne veut pas répondre. On pense que si ses blessures "de guerre" ne l’empêchent pas de passer les obstacles, il préférera traverser la rivière que de tourner plus de 12 fois autour de la piste. Sur 3000 m steeple, les minima sont fixés à 8’22. Sur 5000 m, à 13’15 (record personnel de Tahri 13’12 en 2014). A ce jour, aucun Français n’est qualifié sur 5000 m.

    Il lui reste douze jours pour décrocher son billet olympique. Et s’annonce sur trois meetings. Pas sûr qu’il court autant en si peu de temps. Une certitude : on l’attend à Courtrai, en Belgique, le 9 juillet. Aux championnats de France à Angers, ce week-end, il a été obligé de se présenter mais il a expliqué au médecin fédéral qu’il ne se sentait pas prêt. S’il doit être jugé, Tahri veut être à 90 % de ses capacités, au minimum. Sa fin de carrière mais surtout sa fierté sont en jeu. « Ça fait vingt ans que je fais du haut niveau. J’ai été champion de France, champion d’Europe, j’ai participé à trois Jeux Olympiques, neuf championnats du monde. Je n’ai pas envie de revenir pour faire comme avant. Si je reviens, c’est pour être le numéro 1 . Je suis comme un bambou (sic) , je plie mais je ne romps pas. »