• Tragédie chez les Bleus au Bahamas

                     Relais mondiaux : Les Bleues avec le sourire (FFA)

     
                         Relais mondiaux : Les Bleues avec le sourire

    Pas de nouveau podium pour l’équipe de France, lors de la deuxième journée des Relais mondiaux à Nassau (Bahamas). Mais une très belle quatrième place pour le 4x400 m féminin et un record de France pour les filles du 4x800 m, sixièmes comme les sprinteuses du 4x200 m. Seule grosse déception, le forfait du 4x100 m masculin en finale, après une série aussi prometteuse que perfectible.

    La force du relais, c’est qu’il multiplie par quatre les émotions. Il n’y avait qu’à voir le bonheur des relayeuses du 4x400 m, pourtant au pied du podium, pour s’en convaincre. En 3’25’’84, les Françaises ont amélioré de plus de trois secondes leur chrono de la veille et réalisé une performance proche de celles qu’elles réalisent habituellement en grand championnat, à un stade beaucoup plus avancé de la saison. Très bien lancé par Marie Gayot, pourtant placée au couloir un, le relais a ensuite pu compter sur Lenora Guion Firmin, troisième au rabattage puis quatrième au moment de transmettre le témoin.

    Une place que n’allaient ensuite plus quitter les Bleues, avec d’abord une épatante Agnès Raharolahy pour sa première sélection senior puis, pour conclure, Floria Guei. Le trio de tête, avec les Etats-Unis (3’21’’73), la Jamaïque (3’23’’26) et le Nigéria (3’23’’41) en pleine progression, est encore à distance. Mais terminer quatrième devant la Pologne, l’Italie et la Grande-Bretagne, c’est tout sauf anodin une année de championnat d’Europe.
    Il n’y aura pas de 4x800 m à Zurich. Cela n’a pas empêché les relayeuses de l’équipe de France de tout donner dans cette épreuve rarement disputée. Jeunes et sans complexes, avec trois espoirs dans l’équipe, elles avaient dans le viseur le record national, détenu depuis 1975 par une sélection française en 8’22’’0. Elles ont largement atteint leur objectif, en terminant sixièmes en 8’17’’54 d’une course remportée par les Etats-Unis en 8’01’’58.

    Soit une moyenne plus qu’honorable d’un peu plus de 2’04 par athlète. Justine Fedronic, alignée sur le premier parcours pour lancer ses coéquipières sur de bons rails, a parfaitement tenu son rang en transmettant le témoin en deuxième position. Clarisse MohLisa Blameble et Rénelle Lamote se sont ensuite accrochées, même en partant esseulées pour les deux dernières nommées. Radieuses à l’arrivée, les Tricolores confiaient avoir adoré cette expérience collective, à laquelle elles étaient si peu habituées.

    Coup du sort
    La force du relais, c’est qu’il multiplie par quatre les émotions, écrivait-on en préambule de cet article. Un aspect à double-tranchant, aurait-on pu ajouter. C’est en effet tous les malheurs du monde qui se sont abattus, dimanche soir, sur les épaules d’Arnaud Rémy.

    Installé dans les starting-blocks de la finale, le Guadeloupéen levait la main avant le commandement « Prêts » et quittait la piste. Dans le camp tricolore, c’était l’incompréhension. Quelques minutes plus tard, le principal intéressait s’expliquait : « J’ai eu une méchante crampe à l’ischio droit dans les starts. Soit je me blessais, soit je courais en footing. Mais une finale, ça ne se prend pas à la légère. » Ses trois coéquipiers (Jimmy VicautBen Bassaw et Christophe Lemaitre) pouvaient bien s’approcher de lui pour un mot ou geste de réconfort, Arnaud Rémy était inconsolable. Un coup du sort rageant, après une série prometteuse bouclée à la troisième place en 38’’33, malgré des passages encore très perfectibles et un Jimmy Vicaut qui confiait lui-même avoir « géré ». Surtout que le podium, derrière la Jamaïque (37’’77) impériale, était abordable pour les Bleus.


    Suite au forfait d’un deuxième relais français - le 4x400 m masculin, engagé en finale B (grosse douleur à l’ischio-jambier à l’échauffement pour Teddy Atine-Venel) - le quatrième relais français en lice lors de la deuxième journée était le 4x200 m féminin. Les sprinteuses ont failli imiter leurs homologues masculins, auteur d’un nouveau record de France (et même d’Europe) sur la même distance hier. Elles ont finalement échoué à quatre petits centièmes de la meilleure marque nationale de tous les temps, qui tient depuis 1982 avec les 1’32’’17 de la sélection française. Avec des transmissions un peu mieux huilées, Mathilde LaguiCéline Distel-BonnetEmilie Gaydu et Sarah Goujon auraient sans doute pu le faire tomber. Qu’importe, le quatuor tricolore confiait à l’arrivée « avoir pris son pied ».

    Le plaisir, ce fut sans doute le sentiment le plus partagé pendant ces deux jours de compétition aux Bahamas. Les relais mondiaux, pour leur première édition, ont été une vraie réussite. Dont le point orgue a été, sans contestation possible, la finale du 4x400 m messieurs. Devant des tribunes passées du bleu au jaune en l’espace d’une journée, les Bahamiens, emmenés par l’expérimenté Chris Brown, ont longtemps cru à la victoire, poussés par les hurlements de la foule.

    Mais l’Américain LaShawn Merrittest venu doucher les espoirs de tout un peuple, en coiffant dans la dernière ligne droite Ramon Miller pour l’emporter avec ses coéquipiers en 2’57’’25. La pluie pouvait bien enfin s’abattre sur le stade A Robinson de Nassau après la dernière épreuve, rafraichissant une atmosphère encore irrespirable quelques heures plus tôt, rien ne pouvait gâcher la fête.

    Avec des athlètes séduits par le concept de l’événement et un public au diapason, l’IAAF (la fédération internationale d’athlétisme) et les Bahamas ont réussi leur pari : mettre en valeur les relais et les émotions qu’il procure. Et quand on sait que la deuxième édition des relais Mondiaux se déroulera en mai 2015 à nouveau à Nassau…